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Disparition d’Émile: les investigations se poursuivent en toute discrétion au Vernet

Le jeune garçon de deux ans et demi est introuvable depuis le 8 juillet dernier après avoir disparu alors qu'il se trouvait chez ses grands-parents dans le hameau du Haut-Vernet.

Sans la présence quotidienne des gendarmes au Vernet, les locaux pourraient imaginer qu'il ne s'est jamais rien passé dans ce village si charmant. "Tous les jours, on voit une voiture des gendarmes monter", confirme un habitué du bistrot.

"Oui, je les ai vus passer. Deux ou trois habillés tout en noir avec un tee-shirt de la gendarmerie", renchérit un habitant du Haut-Vernet, le hameau où Émile s’est volatilisé il y a presque huit semaines.

Disparition d’Emile, 7 semaines de zones d’ombre
Disparition d’Emile, 7 semaines de zones d’ombre
18:24

"Ils prennent le pouls du village"

Installée depuis le début de l’enquête au Vernet puis en gendarmerie de Seyne-les-Alpes, la cellule de recherches a désormais investi le groupement à Digne-les-Bains.

Dans une artère où peu de militaires ont accès, les enquêteurs de la section de recherches (SR) de Marseille, épaulés par une poignée de gendarmes locaux, travaillent sans cesse en épluchant, vérifiant, recoupant les dires et déclarations de toutes les personnes qui ont été entendues jusqu’à présent. Des habitants sont encore régulièrement auditionnés.

"Ils contrôlent les emplois du temps et font coller les déclarations entre elles pour voir si des versions divergent. Ils prennent aussi le pouls du village, du hameau", décrit un témoin de la première heure. Qu’est-ce qui en ressort? Silence radio.

Les levées de doute continuent

Des élus aux autorités en passant par les gendarmes, gradés ou non, personne ou presque n’est mis dans la boucle des informations dont dispose la SR de Marseille. Le cas Émile est assurément l’une des affaires judiciaires les plus sensibles du pays actuellement.

"Nous ne savons rien, ou presque, ce qui est normal pour le bon déroulé de cette enquête exceptionnelle. Ce que nous savons, c’est que la SR effectue souvent des levées de doutes", admet un cadre de la gendarmerie nationale.

Quotidiennement, les militaires des Alpes-de-Haute-Provence reçoivent des appels d’habitants qui pensent avoir vu ou entendu quelque chose. Un élément qui pourrait peut-être aider les enquêteurs à retrouver Émile.

"Il y a beaucoup de médiums, voyants et autres adeptes de l’ésotérisme", explique un gendarme. Difficile pour les militaires de démêler le possible du farfelu. Mais chaque élément nouveau est porté au dossier et les enquêteurs procèdent très régulièrement à des "ouvertures et fermetures de portes", c'est-à-dire à des vérifications tous azimuts.

Aucune déclaration de la part du parquet

Contacté, le parquet d’Aix-en-Provence ne souhaite "faire aucune déclaration" puisqu’aucun élément probant n’est pour l’instant ressorti des sept semaines d’enquête.

Émile a-t-il pu suivre un adulte comme le pensent des proches du petit garçon et de nombreux habitants du Vernet? "Rien ne permet de valider cette thèse pour le moment", indique un magistrat aixois qui reconnaît que l’absence d’un corps retrouvé peut s’avérer troublante.

Plus d'un mois et demi après la disparition d'Émile au Haut-Vernet, l'enquête pour "recherche des causes de la disparition" du petit garçon a été élargie aux chefs d'"enlèvement, arrestation, détention et séquestration de mineur".

Valentin Doyen